Work songs, Negro spirituals et Gospel


Né avec la souffrance des esclaves noirs transférés d’Afrique pour travailler durement les terres américaines, puis développé avec la lutte contre le racisme, le Gospel n’est qu’espoir, amour, fraternité, courage, partage, pardon, tolérance… Pas un seul mot de haine ou de vengeance sur plus de 10000 chants.

Le peuple africain a connu la condition d’esclave depuis l’Antiquité, du fait de plusieurs civilisations (égyptiens, romains, grecs, ottomans, occidentaux…). Et l’esclavage y existe encore aujourd’hui en Mauritanie (au nom d’Allah selon Boko Haram), malgré son abolition en 1981 et sa criminalisation en 2007 et 2015. Mais gardons espoir puisque Biram, figure emblématique de la lutte contre l’esclavage a été libéré de prison en 2016, sur décision de la Cour Suprême. Oui gardons espoir : « Un pas, un autre pas, encore un pas et tenir chaque pas pour gagné » (Aimé Césaire).

Les négriers occidentaux ont transféré, tel du bétail, près de 15 millions d’africains vers l’Amérique.

Dans les champs de labeur américains, les esclaves africains chantaient pour se donner du courage. C’étaient les work songs. Puis, lorsqu’ils furent évangélisés, ils chantèrent des Negro spirituals inspirés de l’Ancien Testament. Mais au-delà de la lecture religieuse, ils les utilisèrent pour se transmettre des codes en vue de fuir vers le Nord abolitionniste. Enfin, au début du XX° siècle, apparurent les gospels dans les ghettos des grandes villes, avec un accompagnement musical jusque-là proscrit, faisant référence aux Evangiles mais aussi devenant l’emblème de la lutte contre le racisme. Ce sont ces références et ces valeurs qui animent tous les chanteurs et tous les groupes de Gospel et tous ceux qui viennent régulièrement les écouter et partager avec eux.

Pourpre Noire, groupe de Gospel basé à Gap, puise dans ces fondamentaux pour essayer d’offrir à son public des émotions, de la réflexion et une communion.

 

Philippe MAIRE
Président de Pourpre Noire